Il arrive parfois qu’une simple discussion technique vienne bouleverser un écosystème entier. C’est exactement ce qui se produit depuis que RippleX, suivi par David Schwartz, a ouvert la porte à une réflexion que beaucoup imaginaient hors sujet pour le XRP Ledger.
L’idée qu’un modèle de staking pourrait, un jour, être envisagé pour XRP. Pas une annonce. Pas un projet secret. Juste une question posée au bon moment. Et mine de rien, cela suffit pour réveiller tout le débat autour du futur du XRPL.
Le XRPL et son modèle très particulier
Depuis 2012, le XRPL suit une philosophie qui ne ressemble à aucune autre grande blockchain. Pas de minage, pas de staking. Pas de récompenses. Le réseau repose sur un consensus léger où la confiance se gagne par la performance, pas par la quantité de tokens verrouillés. Les frais sont brûlés, pas redistribués. C’est un système pensé pour la vitesse et la robustesse, loin des logiques d’incitation financière.
Sauf que l’écosystème a changé autour de lui. La tokenisation d’actifs s’accélère. Les AMM sont désormais intégrés. Les projets DeFi se multiplient. Une sidechain EVM s’ajoute à la panoplie. Et surtout, un ETF spot XRP vient d’être lancé aux États-Unis, signal d’un intérêt institutionnel plus fort que jamais. Dans ce contexte qui s’épaissit, la question n’est plus absurde. Le XRPL doit-il évoluer ou rester fidèle à son design originel.
XRP Ledger was created in 2012. The world of blockchain has changed many, many times over since then.
My own thoughts on governance and consensus models have evolved. I’ve been mulling over how XRP is used in DeFi (both organically with apps and protocols like Flare,… https://t.co/XhufcyBzkA
— David 'JoelKatz' Schwartz (@JoelKatz) November 18, 2025
Ce que RippleX et David Schwartz ont réellement mis sur la table
La réflexion part d’une observation de J. Ayo Akinyele, ingénieur chez RippleX. Il constate que XRP n’est plus seulement un jeton de paiement rapide. Il circule dans la DeFi, dans les marchés tokenisés, dans les pools AMM, et devient un actif structurant pour plusieurs applications. Avec cette montée en maturité, l’idée d’un modèle d’incitation commence à se poser naturellement.
Akinyele ne dit jamais que le staking arrive. Il explique surtout pourquoi ce serait extrêmement complexe à intégrer. Pour qu’un staking existe, il faudrait une source durable de récompenses, alors que le réseau brûle tous ses frais. Il faudrait aussi imaginer un mécanisme de distribution qui ne transforme pas le XRPL en machine à privilégier les plus riches. En clair, cela demanderait de repenser un pilier fondateur du réseau.
David Schwartz a réagi en soulignant que sa réflexion sur la gouvernance avait changé avec le temps. Il évoque deux pistes. Une architecture à deux couches où une petite équipe de validateurs rapides produirait les blocs tandis que la couche externe garderait le contrôle. Et une autre idée où les frais financeraient des preuves zéro connaissance pour valider des contrats intelligents sans exécuter leur logique sur chaque nœud. Techniquement, c’est brillant. Pratiquement, Schwartz reconnaît que ces modèles ne sont pas adaptés au XRPL actuel. Trop lourds, trop complexes. Trop risqués.
Pour lui comme pour Akinyele, le but n’est pas de pousser une modification. C’est plutôt d’anticiper ce que le réseau pourrait devenir alors que de nouvelles briques technologiques arrivent. Et surtout, de clarifier ce qu’il faut préserver avant de toucher au consensus.
Une question qui dépasse la technique pure
Derrière ce débat se cache un enjeu presque philosophique. Le XRPL peut-il adopter une incitation financière sans trahir sa nature. Peut-il ajouter de la programmabilité tout en restant fidèle à son minimalisme. Et surtout, la communauté veut elle aller dans cette direction.
Le staking est séduisant pour certains car il crée un lien direct entre utilisateurs et validateurs. Mais il apporte aussi des tensions sur les frais, des risques de capture par les baleines et une complexité que le XRPL a toujours refusée. Ce n’est donc pas un choix purement technique. C’est un choix identitaire.
Pour l’instant, les expérimentations de type staking existent autour de XRPL via Flare, Axelar, Doppler ou Uphold, mais elles restent hors du protocole. Ce qui montre que l’écosystème peut innover sans casser sa base.
Un futur encore très ouvert
Rien de ce qui a été discuté ne ressemble à une feuille de route. Il n’y a ni plan ni échéancier. C’est simplement un moment où la communauté accepte de revisiter ses certitudes. Si un jour le XRPL évolue, ce sera lentement, méthodiquement, avec prudence. Pour l’instant, on en est au stade de la réflexion. Et peut-être que cela suffit déjà à montrer que le réseau entre dans une nouvelle phase. On n’a peut-être encore rien vu.
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