Et si le vrai bull run n’était pas pour 2025, mais pour l’année d’après ? C’est la thèse, très assumée, de Matt Hougan, CIO de Bitwise. Pour lui, le simple fait que le marché ne se soit pas enflammé en fin d’année 2025 n’est pas un échec, mais une sorte de cadeau empoisonné à retardement pour les bears.
Bitcoin tourne autour de 102 000$ et donne l’impression de piétiner. Pourtant, sous la surface, le narratif classique du « cycle de 4 ans » commence à se fissurer.
Un cycle qui ne ressemble pas aux précédents
Dans la logique historique, tout était prêt pour un schéma déjà vu : halving, quelques mois de latence, puis envolée finale avant la chute. C’est ce qui s’est produit après 2017, puis après 2021. Or 2025 refuse pour l’instant de rejouer le script.
🔥 NEW: Bitwise CIO Matt Hougan says 2026 will be the true crypto bull year.
He argues that fundamentals like institutional adoption, tokenization, and real-world crypto infrastructure are now “too big to keep down.”
2025 may set the stage…
2026 is when it detonates. 🚀🔥… pic.twitter.com/mxg9tphYsK— Markri (@markry99) November 13, 2025
Pas de rallye vertical, pas de folie généralisée, pas de top évident.
Hougan explique que son principal risque, c’était justement un Bitcoin qui pump en fin d’année 2025, avant de s’écraser en 2026. Le fait que le marché reste en consolidation, malgré les ETF, malgré l’environnement macro tendu, lui donne l’impression qu’une partie de la hausse potentielle n’a tout simplement pas encore été utilisée.
Dans cette lecture, 2025 devient une longue zone de distribution douce, pas une bulle déjà mûre pour l’explosion. Ce qui compte n’est pas l’absence de feu d’artifice, mais l’absence d’excès.
Les moteurs structurels du prochain cycle
La conviction de Hougan ne repose pas sur un graphique en particulier, mais sur trois tendances lourdes qui, selon lui, continuent d’accélérer tranquillement. Tant que la dette explose, que les États creusent les déficits et que la monnaie fiduciaire se dilue, l’idée d’un actif dur, quantifiable et non souverain garde un pouvoir d’attraction presque mécanique.
Ensuite, les stablecoins. Ils ne sont plus un gadget pour traders, mais un rail de paiement à part entière. De plus en plus d’entreprises et de particuliers les utilisent comme alternative au dollar bancaire classique.
En parlant de moteur de cycle haussier, jetez un œil à Pepenode : une porte d’entrée claire pour comprendre nœuds et validateurs.
Découvrir PepenodeCela crée un environnement dans lequel le grand public s’habitue à manipuler des actifs onchain, ce qui réduit la marche psychologique pour acheter ensuite du Bitcoin ou de l’Ether.
Troisième chose : la tokenisation et le retour de l’intérêt pour la DeFi. Pour Hougan, ce genre de changement peut réveiller l’appétit pour les infrastructures DeFi à partir de 2026, dans un contexte plus mûr, plus réglementé, moins « casino ».
Un marché sans euphorie
Le paradoxe du moment, c’est que les signaux « institutionnels » sont plutôt constructifs, alors que le retail est rincé. Hougan insiste sur ce décrochage. Les particuliers qui étaient déjà dans la crypto en 2020 ont encaissé FTX, les scandales de memecoins, les altcoins qui n’ont jamais vraiment décollé cette fois-ci, puis le krach violent du 10 octobre.
Il décrit un retail déprimé, qui ne croit plus au remake de 2021 et qui, de fait, ne nourrit plus la hausse comme avant. Dans le même temps, un autre type de retail entre en scène : celui qui passe par les ETF, les plans d’épargne, les comptes titres classiques. L’oncle qui n’a jamais installé MetaMask, mais qui coche une case « Bitcoin » ou « crypto » dans son interface de courtage.
Les flux sur les ETF spot depuis deux ans traduisent justement cette montée en puissance du retail traditionnel et de la gestion de patrimoine.
Ce sont des acheteurs plus lents, plus procéduraux, mais aussi plus durables. Le marché d’aujourd’hui est donc moins fou, moins spéculatif en surface, mais ce n’est pas forcément une mauvaise nouvelle pour la suite du cycle.
2026, année charnière si le macro s’aligne
Hougan ne rejoint pas les scénarios les plus extrêmes qui annoncent un Bitcoin à 250 000$ ou un Ether à 15 000$ dès la fin 2025. Il pense néanmoins que Bitcoin, Ether et même Solana ont encore de quoi inscrire de nouveaux sommets d’ici 2026, sans chercher à deviner des chiffres précis.
À ses yeux, la vraie question n’est pas « combien », mais « quand le marché acceptera-t-il de réévaluer ces actifs à la hausse ».
Si le narratif de réserve numérique continue de s’ancrer dans l’imaginaire des investisseurs professionnels, la simple mécanique des flux pourrait faire le reste : des ETF qui accumulent, un float qui se réduit, des anciens holders qui cèdent peu à peu leurs positions à des acteurs plus patients.
Le fait que 2025 se déroule sans euphorie terminale peut donc être lu comme un report de l’explosion plutôt que comme un échec du cycle. Si cette lecture est correcte, 2026 ne serait pas seulement « une bonne année », mais peut-être le moment où la classe d’actifs bascule définitivement d’un marché de niche spéculatif vers un pilier assumé des portefeuilles mondiaux.
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