Quand la plus grande banque américaine coupe les comptes d’un entrepreneur Bitcoin, le symbole est fort. C’est ce qui vient d’arriver à Jack Mallers, fondateur de la plateforme de paiements Bitcoin Strike, après la fermeture de ses comptes chez JPMorgan Chase. L’épisode relance le débat entre finance traditionnelle et écosystème Bitcoin. Et pose une question simple : qu’est-ce qui dérange vraiment une banque comme JPMorgan dans ce type d’acteur crypto natif ?

JPMorgan ferme les comptes de Jack Mallers, sans réponse claire

Fin novembre, Jack Mallers a révélé publiquement que JPMorgan avait fermé tous ses comptes en septembre 2025, sans explication détaillée. Il a partagé sur X une lettre officielle de la banque mentionnant une revue de conformité et des “activités préoccupantes”, ainsi qu’un avertissement indiquant qu’il ne pourrait plus ouvrir de nouveaux comptes. Même son père, client de longue date, n’aurait pas obtenu davantage de réponses.

Le point qui choque la communauté n’est pas seulement la fermeture, mais le manque de transparence. Selon Mallers, les équipes de la banque se seraient contentées d’un laconique “nous n’avons pas le droit de vous dire pourquoi”. Dans un contexte où Strike construit des rails de paiement Bitcoin et Lightning, beaucoup y voient moins un simple incident de conformité qu’un signal adressé à tout l’écosystème.

Pour éviter la confusion, rappel important : il s’agit bien de Strike, la start-up Bitcoin, et non de Stripe, le géant du paiement par carte. Le message envoyé touche donc directement un acteur identifié comme “pro Bitcoin” et très exposé à l’idée d’un système financier plus ouvert.

Conformité, Bank Secrecy Act et peur du risque crypto

Officiellement, la lettre évoque une revue liée au Bank Secrecy Act et à d’autres règles de conformité. Concrètement, cela signifie que la banque estime que certains flux ou comportements présentent un risque sur le plan réglementaire. Les établissements traditionnels ont aujourd’hui l’obligation de couper assez vite dès qu’un dossier devient trop complexe ou trop exposé, surtout quand il touche à la crypto.

Le problème, c’est que la frontière est floue entre gestion du risque et exclusion pure et simple d’acteurs liés au Bitcoin. Des dirigeants d’autres sociétés crypto affirment avoir reçu des lettres similaires de JPMorgan ces derniers mois. Dans le même temps, la banque reste active sur les marchés de produits dérivés liés au BTC et conseille des clients institutionnels sur cette classe d’actifs. Ce double discours nourrit l’idée que le “risque” dépend surtout de qui détient le pouvoir.

Sur des plateformes comme CoinMarketCap, vous pouvez suivre en temps réel la capitalisation grandissante de Bitcoin dans le système financier mondial. Plus l’actif pèse, plus les banques se retrouvent coincées entre l’envie de capter ce flux et la pression des régulateurs qui demandent un contrôle strict des contreparties.

Banques vs Bitcoin : un fossé culturel qui se creuse

L’affaire Mallers intervient alors que la relation entre grandes banques et Bitcoin était déjà sous tension. Chez 99Bitcoins, on a suivi de près l’épisode où MSCI menace de sortir Strategy de ses indices en raison de sa trésorerie massivement investie en BTC, ce qui a déclenché un appel au boycott de JP Morgan dans la communauté crypto. Cet épisode a déjà montré à quel point la question de l’accès au système bancaire est devenue politique.

Dans ce climat, certains investisseurs choisissent de contourner totalement les banques pour se tourner vers des solutions Bitcoin natives. C’est la promesse d’un projet comme Bitcoin Hyper, une Layer-2 pensée pour accélérer les paiements en BTC. L’idée est simple, garder le cœur du système sur Bitcoin tout en profitant de transactions rapides, à faible coût, sans dépendre d’un intermédiaire bancaire qui peut fermer le robinet du jour au lendemain.

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Les crypto-actifs représentent un investissement risqué.

Ce que l’affaire Strike dit de l’avenir de Bitcoin

Pour beaucoup de bitcoineurs, ce genre d’épisode confirme la thèse d’origine : tant que votre argent dépend d’un tiers, il peut disparaître sur simple décision interne. L’histoire de Strike devient alors un cas d’école, cité aux côtés des épisodes de “debanking” d’exchanges, de fonds ou d’entrepreneurs trop proches de l’écosystème. Chaque lettre de clôture envoyée par une banque alimente l’argument en faveur de la souveraineté financière.

Du côté des acteurs traditionnels, on insiste au contraire sur la nécessité de filtrer les risques juridiques et réputationnels liés à la crypto. Ils rappellent que les règles KYC/AML s’appliquent à tout le monde et que les banques ne peuvent pas se permettre de devenir le maillon faible d’un éventuel scandale. Entre ces deux visions, l’affaire Mallers ressemble à un point de bascule de plus dans une longue série de frictions entre Bitcoin et le système bancaire.

Au final, cette fermeture de comptes ne fera sûrement pas reculer Strike ni le développement du Bitcoin. Elle montre surtout que plus Bitcoin s’invite dans la finance mondiale, plus le bras de fer avec les banques va s’intensifier. Et que chaque utilisateur doit, tôt ou tard, se demander quel degré de dépendance il accepte vis-à-vis d’un acteur bancaire, aussi prestigieux soit-il.


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Guillaume Caras
Guillaume Caras
Journaliste Crypto / News

Après un bachelor en journalisme plurimédia à l’EFJ Bordeaux, il se spécialise dans la production vidéo et l’enquête. Curieux de nature, il découvre l’univers crypto en suivant les évolutions du Bitcoin et les promesses de la blockchain. D’abord attiré par... Lire la suite

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