En Malaisie, le minage de Bitcoin n’est pas forcément le problème. Le vrai scandale, c’est l’électricité, détournée à grande échelle, parfois derrière une simple porte de boutique ou une maison “vide”.

Le pays a lancé une traque qui ressemble à un jeu du chat et de la souris. Et au milieu, une facture qui dépasse le milliard de dollars, avec des quartiers entiers qui découvrent, un peu tard, qui payait vraiment la note.

Un milliard de dollars “évaporés”, et des milliers de lieux repérés

Les chiffres qui circulent donnent le tournis. Sur la période 2020 à août 2025, l’opérateur national TNB a estimé ses pertes liées au vol d’électricité pour du minage à 4,6 milliards de ringgits, soit environ 1,11 milliard de dollars.

Et ce n’est pas une histoire de deux garages isolés. Les autorités évoquent 13 827 sites suspectés d’avoir pompé du courant pour faire tourner des machines, en contournant les compteurs, ou en se branchant “hors circuit”.

Une chasse moderne, drones, capteurs, et voisins qui appellent

Ce qui frappe, c’est la montée en sophistication. Dans plusieurs zones, la traque commence “au-dessus des toits”. Des drones survolent des rangées de boutiques, des hangars, parfois des maisons abandonnées, à la recherche d’une signature thermique anormale.

Au sol, ce n’est pas forcément plus glamour, mais c’est efficace. Des équipes débarquent avec des outils de mesure, des contrôles ciblés, et parfois de simples signalements. Oui, parce que quand une pièce rugit 24/7, ça finit par se savoir.

Certains témoignages sont presque absurdes. Des riverains parlent de bruits “bizarres”, de sons répétés, parfois des ambiances diffusées pour masquer le vacarme des ventilateurs. Et derrière, on retrouve le même schéma, des ASIC empilés comme des grille-pains industriels.

Pourquoi le minage clandestin adore ce type de pays

Le minage, c’est simple à résumer. Vous payez une machine, vous la branchez, et vous transformez de l’électricité en hashrate. Le nerf de la guerre, c’est donc le coût du courant. Et quand vous le “rendez” gratuit en le volant, vous changez complètement l’équation.

Dans la pratique, les fermes clandestines cherchent des lieux discrets. Des boutiques louées sous un autre nom, des entrepôts, des maisons avec des volets fermés. L’idée, c’est de tenir assez longtemps pour amortir le matériel, avant le raid. Un mois de plus peut parfois suffire à rendre l’opération rentable.

Le paradoxe, c’est que le minage n’est pas nécessairement interdit. Ce qui bascule dans l’illégal, c’est la méthode, altérer un compteur, bypasser une ligne, bricoler une dérivation. Et ça, c’est un délit, même si la crypto en elle-même n’est pas l’objet du texte de loi.

La riposte, saisies, base de données, compteurs “intelligents”

Face à l’ampleur, les autorités ont musclé le jeu. Des opérations conjointes mobilisent plusieurs agences, et quand un site est identifié, l’objectif est clair, saisir les machines, documenter le branchement, et remonter la location ou le propriétaire réel.

Selon les éléments communiqués par les autorités, une base de données interne a été mise en place pour suivre les lieux et les occupants suspectés d’être liés au vol d’électricité. L’idée est bête, mais utile. Éviter que les mêmes équipes déplacent juste le matériel deux rues plus loin.

Autre axe, la détection. Des compteurs et capteurs sont installés au niveau de certains points du réseau pour surveiller la consommation en temps réel et repérer une manipulation plus vite. On parle moins de “police anti-crypto” que de protection d’infrastructure, et la nuance compte.

Et derrière, il y a le débat qui revient en boucle. Le Proof-of-Work reste critiqué pour sa consommation, mais c’est aussi sa sécurité qui fait sa force, comme on le voit dans les discussions sur le Proof-of-Work. Ici, la Malaisie rappelle surtout une chose, le coût énergétique est un sujet politique, pas juste un chiffre.

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Dans ce contexte, on comprend pourquoi beaucoup cherchent des solutions qui évitent la course à “toujours plus de watts”. C’est là que des projets Layer 2 tentent de changer la perception, en rendant l’usage plus fluide, avec des transactions plus rapides et des frais réduits, sans prétendre réécrire Bitcoin de fond en comble.

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Guillaume Caras
Guillaume Caras
Journaliste Crypto / News

Après un bachelor en journalisme plurimédia à l’EFJ Bordeaux, il se spécialise dans la production vidéo et l’enquête. Curieux de nature, il découvre l’univers crypto en suivant les évolutions du Bitcoin et les promesses de la blockchain. D’abord attiré par... Lire la suite

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