La province canadienne de Colombie Britannique annonce un durcissement sans précédent de sa gestion d’électricité. Elle vient d’acter un plafonnement de la puissance pour certains data centers d’IA et une interdiction de nouveaux raccordements de fermes de minage Bitcoin.
Derrière ce choix, la gestion d’une demande électrique inédite et le souhait d’orienter la capacité disponible vers des secteurs jugés plus stratégiques en emplois et en retombées locales. Le Canada a produit 618,3 TWh en 2023, et plus de la moitié provenait de l’hydroélectrique.
Des secteurs toujours plus gourmands en énergie
Concrètement, le gouvernement provincial veut rendre permanent ce qui n’était depuis 2022 qu’un moratoire. Aucun nouveau projet minier crypto ne pourra se brancher au réseau, tandis que les data centers d’IA se verront imposer des contraintes d’accession à la puissance.
L’exécutif canadien met en avant deux motifs principaux. Tout d’abord, préserver la stabilité du système électrique face à une demande exponentielle et réserver davantage de mégawatts aux activités « prioritaires ». Seront donc favorisées les activités des mines (traditionnelles), exploitations de gaz et la transformation industrielle, dont les retombées locales sont plus directes.
Cette orientation s’inscrit dans une trajectoire amorcée entre 2022 et 2024 (gel puis extension du moratoire), qui est désormais institutionnalisée. Les mineurs de Bitcoin qui avaient des projets d’installation dans le grand Nord vont devoir trouver un nouveau point de chute. Ou devront passer par un fournisseur d’électricité privé.
Les opérateurs déjà raccordés restent, à ce stade au cœur du débat. Ils sont à priori les prochains sur la liste. Côté IA, la province tente d’éviter une expansion déraisonnable de ces acteurs gourmands en énergie électrique.
Cette hiérarchisation de l’usage reflète une bascule mondiale. L’énergie devient un enjeu majeur et une ressource déterminante autant pour le hashrate que pour l’entraînement des intelligences artificielles. Dans l’industrie du minage Bitcoin, « le vrai boss, c’est l’électricité ».
Au-delà de la province, le signal politique pourrait inspirer d’autres juridictions disposant d’un mix hydroélectrique ou de réseaux sous tension. Mais ici, Victoria tranche : la priorité n’est plus à l’extension du minage raccordé au réseau public.
Conséquences : redistribution des cartes pour le minage et l’IA
Première implication : un redéploiement géographique. Les mineurs qui ciblaient l’hydroélectricité canadienne devront regarder ailleurs ou changer de modèle d’accès à l’énergie (contrats privés hors réseau). Les autres exemples de moratoires similaires déjà observés au Kazakhstan ou au Paraguay, ont produit des migrations rapides de hashrate.
Deuxième implication : convergence entre Bitcoin et IA. Depuis un an, plusieurs sociétés minières testent la conversion partielle de leurs sites vers l’hébergement IA pour maximiser le revenu par kilowatt heure. La décision de la Colombie-Britannique, peut paradoxalement accélérer cette transition hybride.
Grâce à cette agilité, les exploitants peuvent s’adapter et optimiser leur consommation et donc leur rentabilité. Du Bitcoin à l’IA, la nouvelle ruée vers l’or rebat les cartes de la gestion des data centers.
Quebec province, Canada home to one of @blockstream's mining farms, has 37GW across 63 hydro-dams. most of it is underused, power is more than enough power to operate the entire bitcoin network. problem is politics we wanted another 500MW and politics (election) slowed it.
— Adam Back (@adam3us) May 20, 2021
Troisième implication : la perte d’attractivité du Canada qui bénéficie d’une électricité « verte » abondante. Une perte pour la région. D’après l’un des pionniers de Bitcoin, Adam Back, affirmait il y a quelques années que le Québec pourrait fournir assez d’électricité pour sécuriser l’entièreté du réseau.
Les marchés recherchent désormais les régions capables d’assurer une sécurité d’approvisionnement avec des sites multi-énergies. Pour les provinces ou États voulant capter ces investissements, le levier ne se limite plus aux tarifs.
il s’agit de construire des cadres prévisibles et d’encourager les usages couplés (chaleur fatale, dessalement, serres, chauffage urbain). À défaut, les capitaux se réorientent vers des zones à la fois électriquement abondantes et politiquement stables sur le sujet. En effet, ces investissements sont très lourds et prévus sur des années voire décennies.
Sur le même sujet :
- Un milliard de dollars pour relancer le XRP, le pari Evernorth
- Ethereum : le marché en pleine dislocation
- Clash Ethereum : le cofondateur de Polygon perd confiance en ETH
Pourquoi vous pouvez faire confiance à 99Bitcoins
Fondée en 2013, les membres de l’équipe de 99Bitcoin sont des experts en cryptographie depuis les débuts de Bitcoin.
Recherche hebdomadaire
100k+Les lecteurs mensuels
Contributeurs experts
2000+Projets de crypto-monnaie examinés
