Il fallait bien que le vernis craque un jour. Pendant des années, on a répété que Bitcoin jouait le même rôle que l’or, celui du refuge contre l’inflation. Pourtant, les chiffres récents de NYDIG viennent de démonter cette idée reçue.
Et durant que les graphiques s’animent, BTC évolue autour de 113 000 dollars après un rebond propre depuis la zone des 110 000. Un constat s’impose, le marché regarde ailleurs. Pas vers l’inflation, mais vers la liquidité mondiale.
Le mythe inflationniste prend l’eau
Greg Cipolaro, responsable recherche chez NYDIG, a passé les corrélations au microscope. Résultat, aucune relation stable entre Bitcoin et l’inflation. Ni forte, ni constante. Même constat pour l’or, censé être le rempart naturel contre la hausse des prix, ses corrélations avec l’inflation sont souvent négatives. En clair, quand les prix flambent, l’or ne réagit pas toujours, et Bitcoin encore moins.
Cette remise en question change beaucoup de choses. Pendant longtemps, la communauté a défendu la thèse du digital gold. Un actif rare, décentralisé, censé protéger du pouvoir décroissant des monnaies. Mais à y regarder de plus près, les hausses de Bitcoin n’ont jamais suivi fidèlement les vagues inflationnistes. En 2022, les prix à la consommation grimpaient en flèche tandis que BTC plongeait de moitié. Pas exactement la définition d’un bouclier.
Ce que souligne NYDIG, c’est que Bitcoin et l’or réagissent surtout à un autre paramètre, les taux d’intérêt réels. Quand ces taux chutent, autrement dit quand la rémunération de l’épargne ajustée de l’inflation baisse, les investisseurs se ruent sur les actifs qui promettent du rendement ou de la rareté. Et là, Bitcoin retrouve des couleurs.
Le vrai moteur, la liquidité, pas les étiquettes de supermarché
Depuis le printemps, la courbe du M2 américain, l’agrégat monétaire, repart à la hausse. Rien de spectaculaire, mais suffisant pour relancer les flux de capitaux vers les actifs à risque. Et c’est là que Bitcoin brille, non pas comme un thermomètre de l’inflation, mais comme un baromètre de la liquidité mondiale.
L’étude de NYDIG montre que son lien avec les taux réels s’est renforcé ces dernières années à mesure que BTC s’intégrait au système financier classique. Autrement dit, plus les investisseurs institutionnels le traitent comme un actif macro, plus il réagit comme tel. Une baisse de taux ou une expansion du bilan global de la Fed agit sur Bitcoin presque aussi vite qu’un discours de Jerome Powell.
Les ETF spot ont accentué cette mécanique. En octobre, leurs flux sont devenus le miroir parfait de la liquidité. Quelques jours de retraits nets et le marché recule. Un regain d’entrées et les chandeliers repartent dans le vert. Bitcoin devient ainsi l’actif qui respire au rythme du robinet monétaire, ni plus ni moins.
Sur les graphiques, la dynamique change aussi
Sur le plan technique, Bitcoin reste dans une zone de reprise prudente. Le support à 111 000 dollars tient bon, les volumes repartent à la hausse et les acheteurs reprennent la main sur les moyennes mobiles de court terme. Le scénario d’un test entre 115 000 et 118 000 dollars n’a rien d’extravagant, surtout si les taux réels poursuivent leur détente.
Le comportement d’autres actifs renforce ce signal. Ethereum s’accroche au-dessus des 4 000 dollars, TAO et JUP profitent d’un regain d’appétit pour la DeFi et même les altcoins à faible capitalisation sortent timidement de leur torpeur. Ce n’est pas un hasard. Quand la liquidité revient, tout remonte, y compris le risque.
En toile de fond, le dollar se tasse légèrement, ce qui ajoute un vent de dos au marché. Les rendements du 10 ans américain reculent depuis le pic de septembre, confirmant la thèse de NYDIG. Ce ne sont pas les chiffres de l’inflation qui guident le marché, mais bien le coût réel de l’argent.
La fin d’un conte ou le début d’autre chose
Soyons honnêtes, Bitcoin n’a jamais vraiment eu besoin d’être un hedge pour exister. Sa valeur réside ailleurs, dans la rareté, la portabilité et la défiance envers les intermédiaires. Ce que NYDIG vient de clarifier, c’est simplement la nature du jeu. Tant que les robinets de liquidité restent ouverts, Bitcoin peut prospérer, peu importe le prix du pain ou de l’essence.
Sur le même sujet :
- MiCA : quand la régulation européenne offre un monopole à Circle
- Pièges crypto : comment éviter les faux breakouts
- Snorter listé demain pendant que TAO et JUP consolident le terrain
Pourquoi vous pouvez faire confiance à 99Bitcoins
Fondée en 2013, les membres de l’équipe de 99Bitcoin sont des experts en cryptographie depuis les débuts de Bitcoin.
Recherche hebdomadaire
100k+Les lecteurs mensuels
Contributeurs experts
2000+Projets de crypto-monnaie examinés



