La demande est tombée le 31 octobre et elle claque comme un verdict anticipé. Les procureurs fédéraux veulent 60 mois pour chacun des deux fondateurs de Samourai Wallet. Pas une rumeur, pas une hypothèse.

Une peine maximale statutaire pour une infraction unique alors que la grille théorique grimpe bien plus haut. Et maintenant le compte à rebours est lancé. Keonne Rodriguez passe devant le juge le 6 novembre à 11 h, William Lonergan Hill le 7 novembre à 11 h. Deux audiences pour refermer un récit qui s’est écrit pendant presque 10 ans.

Ce que vise l’accusation

Le mémo du gouvernement ne laisse aucun flou. En effet, Samourai n’aurait pas seulement protégé la vie privée. Samourai aurait servi de machine à laver des flux illicites. Les chiffres frappent, au moins 237 millions de dollars de produits criminels seraient passés par Whirlpool et Ricochet entre 2015 et 2024.

Sur l’ensemble, environ 90 000 BTC auraient transité dans ces services, proches de 2,3 milliards de dollars aux valeurs du moment. Les frais encaissés par la plateforme sont chiffrés à 246,3 BTC, environ 6,3 millions à l’époque et bien davantage aux prix actuels. Surtout, l’accusation insiste sur l’intention. Messages publics et privés, posts sur des forums du darknet, éléments marketing diffusés à des investisseurs, tout convergerait vers une cible précise.

Des utilisateurs cherchant à brouiller les pistes pour des raisons parfois très graves. Drogues, piratages, contournement de sanctions, contenus criminels. Mais, l’argument du procureur tient en une ligne. Le blanchiment n’était pas un accident. C’était un positionnement.

Ce que répond la défense

En face, la défense ramène tout à l’architecture. Non custodial. Les clés restent chez l’utilisateur. Le logiciel orchestre des transactions sans détenir de fonds. Autrement dit, pas de transmission au sens légal et donc pas d’obligation de licence. L’équipe rappelle les plaidoyers de culpabilité signés le 30 juillet pour l’infraction de transmission d’argent non licenciée et note la recommandation du Bureau de probation à 42 mois.

En filigrane, une thèse simple. Un outil de vie privée n’est pas un guichet. Le code n’est pas un caissier. Malgré cela, le juge devra trancher entre l’intention alléguée et la structure technique. Le dossier s’articule autour d’une ligne fine. Jusqu’où un éditeur d’outil peut être tenu pour responsable des usages de tiers.

Un signal pour l’écosystème privacy

La portée dépasse largement les deux audiences de cette semaine. Si la Cour suit la demande à 60 mois, le message sera net. Les services d’obfuscation qui s’appuient sur un serveur de coordination, un modèle de frais et des parcours standardisés peuvent être assimilés à des transmetteurs d’argent lorsqu’ils savent que des produits criminels circulent. En d’autres termes, le risque ne concerne plus seulement des places obscures du darknet.

Il s’étend à des projets qui cherchent à marier confidentialité, automatisation et ergonomie. Et pourtant, tout n’est pas binaire. Les chiffres officiels reconnaissent une part d’inconnu. Une fraction importante des 90 000 BTC ne peut être reliée à une source identifiée. La discussion s’ouvre alors sur la part de responsabilité de chacun. Concepteurs, relais d’accès, utilisateurs finaux. On ne va pas se mentir. La ligne bouge sous l’effet des poursuites, des outils d’analyse on chain et des exigences de conformité des exchanges.

Parenthèse utile. À titre de comparaison, Best Wallet Token se présente sur un registre d’intégration, conformité avec garde, côté utilisateur, contrôles antifraudes et transparence des flux. Rien à voir avec un service de mixage. Ce choix d’architecture et de discours compte quand la régulation se durcit. Il ne transforme pas un écosystème en zone sans risque, mais il réduit nettement l’angle mort visé par les procureurs.

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Fin de partie ou simple round

Deux dates très proches, deux décisions qui pèseront sur la suite. La demande du parquet est limitée par un plafond statutaire à 60 mois alors que la grille calcule beaucoup plus. Le Bureau de probation propose 42 mois. Selon la motivation du jugement, le secteur saura si l’intention alléguée pèse plus lourd que l’argument non custodial et si la frontière entre outil de confidentialité et service de transmission se déplace encore.

Finalement, rien n’est figé. Les appels potentiels, les futures lignes directrices et la conduite des plateformes feront le reste. Au fond, cette affaire ne parle pas seulement du passé. Elle redessine la carte de ce qui sera encore possible demain pour protéger la vie privée sans couvrir des flux toxiques.


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Esteban Durant
Esteban Durant

Trader en crypto-actifs depuis plusieurs années et passionné par l’univers décentralisé, je combine analyse technique, compréhension des fondamentaux et suivi macroéconomique pour naviguer efficacement sur les marchés volatils. J’ai découvert le Bitcoin en 2016, mais c’est en 2018, en pleine... Lire la suite

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