On parle souvent de régulation comme d’un grand dossier politique. Là, c’est du concret, la CFTC touche à la mécanique de la marge, donc à la façon dont les positions sont sécurisées.
Depuis le 8 décembre, l’agence américaine a lancé un programme pilote qui autorise bitcoin, ether et USDC comme collatéral sur des marchés de dérivés. Ce n’est pas une “bénédiction” totale, mais c’est un signal institutionnel difficile à ignorer.
Ce que la CFTC autorise, en deux idées
Quand vous tradez des futures ou des swaps, vous déposez une garantie. Jusqu’ici, c’était surtout du cash ou des titres. Désormais, des intermédiaires régulés pourront accepter du Bitcoin et de l’ether comme marge, avec une décote pour tenir compte de la volatilité.
Et non, ce n’est pas “open bar”. Le dispositif s’accompagne d’un suivi renforcé, avec des informations remontées régulièrement et des alertes rapides en cas de problème. L’objectif, c’est de tester l’usage de la crypto comme collatéral sans perdre la traçabilité côté régulateur.
.@CFTCpham Announces Launch of Digital Assets Pilot Program for Tokenized Collateral in Derivatives Markets: https://t.co/okRaxM9aQ9
— CFTC (@CFTC) December 8, 2025
Pourquoi 3 mois de test, et pourquoi c’est la clé ?
Trois mois, c’est un sas. Pendant cette phase, la liste reste volontairement limitée à BTC, ETH et USDC. La CFTC veut observer la valorisation, la garde, les décotes, et surtout ce qui se passe quand le marché devient instable.
En filigrane, la question n’est pas “est-ce que la crypto est autorisée”, mais comment elle se comporte une fois branchée sur les exigences de marge. Concrètement, un collatéral crypto doit rester disponible, bien conservé, et liquidable proprement si une position dérape. Si, sur trois mois, tout tient sans accroc, le régulateur gagne un argument simple, ça peut fonctionner à l’échelle.
Le contexte aide à comprendre. L’agence pousse depuis des mois une logique “onshore”, ramener l’activité dans un cadre US plutôt que de la laisser s’éparpiller. Cela colle avec l’élan autour du trading spot sur des plateformes enregistrées, et avec la montée en puissance des stablecoins dans les discussions. On sent une stratégie, pas juste un coup isolé.
Ce que ça peut débloquer, et ce qu’il faudra surveiller
Pour les pros, le gain potentiel est simple. Si vous détenez déjà du BTC ou de l’ETH, vous n’êtes plus obligé d’immobiliser autant de cash pour couvrir des positions dérivées. Vous utilisez l’actif que vous avez déjà, ce qui améliore l’efficacité du capital et peut fluidifier la liquidité.
L’USDC dans le panier est un indice intéressant. Les ajustements de marge peuvent devenir plus réactifs, surtout sur des horaires où le bancaire est plus lent. C’est aussi cohérent avec l’ouverture des banques américaines à la détention et aux rails crypto, donc à une adoption plus “infrastructure”. Ici, le mot clé reste process, ce pilote n’a de valeur que s’il tient lors d’une vraie séance de stress.
Si le test est concluant, on pourrait voir l’élargissement à d’autres collatéraux tokenisés, y compris des actifs traditionnels “mis en jetons”. Ce ne serait pas un big bang immédiat, plutôt une normalisation par étapes.
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