Elles devaient être le socle, la preuve que l’adoption institutionnelle était devenue irréversible. Et pourtant, depuis le crash du 10 octobre, les trésoreries crypto se sont tues. Les géants censés soutenir Bitcoin et Ether se sont soudain figés, comme si le marché les avait rattrapés. Un changement brutal, invisible au premier regard, mais lourd de sens.
Le gel après la tempête
Le 10 octobre, Bitcoin a chuté d’environ 121 700 dollars à un plus bas proche de 104 600 avant de se stabiliser autour des 110 000. Ether, lui, a perdu près de quinze pour cent sur la même période. Un mini-crash suffisant pour glacer les ambitions. Depuis, plus grand-chose. Coinbase note que les achats des trésoreries crypto sont tombés à leurs plus bas niveaux de l’année. Et même lors des journées vertes, rien ou presque ne bouge.
Dans ce silence, quelques noms se détachent. Metaplanet, la société japonaise qui détient déjà plus de trente mille BTC, a suspendu ses acquisitions après avoir vu son market-based NAV tomber à 0,88.
La valeur en bourse de la société est passée en dessous de celle de ses réserves de Bitcoin. Elle a donc choisi de racheter ses propres actions, jusqu’à cinq cents millions de dollars via une ligne de crédit adossée à BTC. Une façon de défendre son cours tout en préservant son stock.
Même scénario chez ETHZilla, qui a vendu quarante millions de dollars d’ETH pour financer un buyback d’urgence. Ces sociétés-trésoreries, stars du cycle 2024-2025, se découvrent soudain les mêmes réflexes que les fonds classiques. Couper, préserver, se protéger.
BitMine, la dernière à tenir
Une seule société a choisi la voie inverse. BitMine Immersion Technologies, spécialisée dans l’énergie et l’ETH staking, a selon Coinbase et David Duong acheté près de 483 000 ETH depuis le crash pour environ un milliard neuf cents millions de dollars. À elle seule, elle maintient à flot la courbe des trésoreries Ether.
C’est presque symbolique. Au moment où le marché doute, une entreprise parie sur la reprise. BitMine agit comme si l’histoire allait se répéter, acheter quand tout le monde s’arrête. Mais le marché reste méfiant, les volumes sont faibles, les signaux techniques mitigés. Et les investisseurs institutionnels, eux, observent sans bouger.
Ce contraste donne le ton. Les acheteurs structurels se retirent… Laissant le champ libre aux fonds spéculatifs et aux traders de court terme. L’image d’un marché mûr s’effrite, au profit d’un climat d’attente où chacun surveille le prochain mouvement de la Fed ou le prochain tweet d’un PDG de trésorerie.
Le vide institutionnel
Quand les acheteurs structurels disparaissent, c’est toute la mécanique du marché qui change. Ces sociétés avaient un rôle clé, soutenir la liquidité, absorber les replis, donner une direction. Sans elles, Bitcoin et Ether deviennent plus sensibles, plus erratiques. Le marché doit respirer sans oxygène.
Certaines analyses parlent déjà d’un post-levier washout. Les positions sur-margées ont été purgées et plus personne n’ose reprendre le flambeau. En clair, la peur domine. Même les bilans les plus solides se montrent prudents.
C’est aussi une question d’image. Quand Metaplanet ou Strategy ralentissent leurs achats, le message implicite est simple, la conviction n’est plus sans faille. Et pourtant, ces sociétés ne vendent pas non plus. Elles attendent, figées entre prudence financière et foi dans le long terme.
À côté de ce vide laissé par les grandes trésoreries, quelques projets émergents continuent toutefois d’avancer. La prévente de Pepenode en est un bon exemple. Portée par une approche GameFi fondée sur les nœuds et les récompenses dynamiques, elle attire des capitaux frais alors même que les mastodontes se figent.
Une preuve que l’innovation ne se met jamais totalement en pause, même quand les institutions respirent à vide.
Découvrir PepenodeLes crypto-actifs représentent un investissement risqué.
Le calme avant la suite
On pourrait croire que ce retrait signe la fin d’un cycle. En réalité, c’est peut-être juste une pause avant la prochaine vague. L’histoire de Bitcoin l’a prouvé, les institutions s’arrêtent toujours avant de revenir plus fort. Mais ce calme, lui, dit quelque chose.
Il montre que la confiance n’est jamais acquise. Que la foi dans l’actif roi se mesure à la capacité d’acheter dans le silence. Et que même les plus convaincus, parfois, doivent souffler.
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