Pour Peter Schiff, l’histoire est écrite : Bitcoin finira à zéro. L’économiste pro-or a répété son credo lors d’un échange avec @notthreadguy, expliquant qu’il ne s’était « trompé » que sur une chose, la capacité du public à se laisser séduire. Le message tombe dans un marché encore nerveux, où la comparaison avec l’or l’obsède : selon lui, BTC a rendu du terrain face au métal jaune depuis ses sommets d’octobre.
Le verdict sans nuance de Peter Schiff
Schiff enfonce le clou en parlant d’un secteur porté par la narration plus que par l’utilité. Il anticipe que, le jour où assez d’anciens acheteurs voudront sortir en même temps, l’offre à la vente explosera, sans demande au rendez-vous. Son argumentaire ne change pas depuis des années, mais l’environnement lui offre aujourd’hui des munitions faciles : une volatilité élevée, des liquidations à répétition et des investisseurs encore marqués par la dernière dégringolade.
Peter Schiff on what he got wrong about Bitcoin in 2017
"What I got wrong about Bitcoin is the gullibility of the public to buy it, or the marketing savvy of those that are promoting it. I still think it's going to zero, so I don't think I got that wrong." pic.twitter.com/2RJMrR5RKR
— Tengen (@Crypto_Tengen) October 22, 2025
Le marché, lui, raconte autre chose
Les prix n’ont pas confirmé l’Apocalypse annoncée, même si la dynamique s’est nettement durcie. Après le pic au-delà de 126 000 dollars début octobre, Bitcoin a oscillé autour de 110 000 à 114 000 dollars, tandis que l’or caracolait près de ses records avant de connaître un trou d’air fulgurant. Les arbitrages se font et se défont au rythme des gros titres macro, des tarifs commerciaux et des positions à effet de levier.
Côté flux, l’image n’est pas monolithique. Des whales ont pris des profits et renforcé la demande de court terme, sans que cela ressemble à une panique durable. La cohorte 10-10 000 BTC a même accumulé sur l’année malgré des allégements tactiques autour des plus hauts. Autrement dit, le marché respire, parfois bruyamment, mais il respire.
Son scénario noir : dette, treasuries et ruée vers l’or
La toile de fond de Schiff dépasse la crypto. Il prévient d’une crise américaine plus violente que 2008, non plus centrée sur les subprimes mais sur les Treasuries. Dans sa vision, la défiance envers la capacité de l’État fédéral à honorer ses engagements provoque une fuite hors du dollar.
Les épargnants se replient sur l’or physique, les actions décrochent, et Bitcoin, assimilé à une bulle spéculative, s’effondre en dernier. Ce fil narratif séduit parce qu’il est simple. Il s’appuie sur des vérités partielles.
The losses that are about to hit the crypto industry will be staggering. Expect a wave of bankruptcies, defaults, and layoffs as the sector is decimated by the imminent Bitcoin and Ether crash, which will obliterate the rest of the altcoin market. There is systemic risk as well.
— Peter Schiff (@PeterSchiff) October 17, 2025
Oui, l’or a repris la lumière cette année, oui, Bitcoin s’est montré corrélé au risque plus souvent qu’aux actifs refuge. Oui, l’endettement public américain bat des records. La question est ailleurs : dans un monde d’actifs tokenisés et de ETF à collecte récurrente, une « ruée » peut très bien coexister avec une base d’acheteurs structurelle côté crypto. Les cycles se superposent, pas sûr qu’ils se remplacent.
Les contre-arguments que le marché oppose déjà
Les faits têtus s’accumulent. D’un côté, des ventes opportunistes de whales et des coupes de levier ont pesé. De l’autre, des poches d’accumulation persistent, y compris chez les gros porteurs. Et l’écosystème a montré sa capacité à absorber des chocs tout en maintenant l’infrastructure en état de marche.
Les desks volatils arbitrent, les ETF drainent, les DEX font leur part du volume, et les épisodes de stress deviennent plus courts. Reste la pierre d’achoppement de l’argument « zéro ». Pour que Bitcoin s’éteigne, il faudrait un assèchement durable de la demande nette, une interdiction globale coordonnée, la disparition des relais de liquidité et l’effondrement de l’incitation des validateurs.
Or, ce que l’on observe, c’est l’inverse sur plusieurs fronts : intégration financière, infrastructures plus résilientes, et une base d’utilisateurs qui s’élargit par à-coups, même quand le prix trébuche. Cela n’immunise pas contre un long marché de range ni contre des drawdowns à deux chiffres. Cela rend simplement la thèse du néant beaucoup plus exigeante.
Schiff a un mérite : rappeler que la macro décide souvent du tempo. Si un ralentissement business cycle s’impose, si les conditions financières se durcissent, la crypto n’y échappera pas. Mais confondre purge de levier, rotations sectorielles et disparition pure et simple, c’est oublier ce que ce marché a déjà traversé.
Ceux qui cherchent un bouc émissaire verront des whales partout. Ceux qui regardent les carnets verront surtout un actif devenu systémique, avec des acheteurs et des vendeurs bien réels des deux côtés.
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