Un ancien extrait de Vitalik Buterin, refait surface sur X, alors que le débat sur le risque quantique s’intensifie ces dernières semaines. En 2020 Buterin (fondateur d’Ethereum), était l’invité du podcast de Lex Fridman.

Divers sujets y sont évoqués pendant plus d’une heure, et notamment la menace quantique. Vitalik Buterin y décrit calmement comment les ordinateurs quantiques pourraient menacer les blockchains publiques, sans pour autant signer leur fin.

Shor, Grover et la vraie nature de la menace quantique

Dans la séquence, Buterin commence par Shor, l’algorithme quantique le plus célèbre. Il explique qu’un ordinateur quantique capable d’exécuter Shor à grande échelle casserait certains problèmes mathématiques utilisés en cryptographie. Cela vise la factorisation de grands nombres et les courbes elliptiques.

Ces outils protègent aujourd’hui les clés privées, les signatures numériques et de nombreuses connexions chiffrées. Un ordinateur quantique vraiment puissant rendrait donc vulnérables une grande partie des systèmes actuels, des sites bancaires aux blockchains publiques.

Buterin ajoute toutefois un élément clé. Pour chaque usage important reposant sur ces briques cassées par Shor, il existe déjà des alternatives dites “post quantiques”. Elles reposent sur d’autres constructions mathématiques, comme la cryptographie sur réseaux ou les codes correcteurs d’erreurs.

Ces schémas sont beaucoup moins sensibles aux attaques quantiques connues. Leur défaut principal reste la performance. Ils sont souvent cinq à dix fois moins efficaces, ce qui ralentit leur déploiement massif aujourd’hui.

Selon Buterin, cette transition viendra, et l’industrie crypto sait qu’elle viendra. Elle se prépare à accepter ce coût supplémentaire lorsque la pression quantique deviendra réelle.

Il évoque ensuite Grover, un autre algorithme quantique qui accélère les recherches de type “brute force” (technique de « harcèlement » de l’infrastructure via des milliers de combinaisons probables). Appliqué au minage, Grover donnerait un « avantage quadratique » aux premiers mineurs équipés de matériel quantique.

Buterin compare alors la situation à l’arrivée des ASIC dans l’industrie du minage. Comme les ASIC en leur temps, le nouveau matériel écraserait les anciennes machines, mais le proof-of-work continuerait de fonctionner.

De la théorie aux plans post quantiques des blockchains

Les propos de Buterin s’inscrivent dans un mouvement plus large de préparation à l’ère post quantique. Le sujet enfle ces dernières semaines, porté par les avancées récentes, notamment celles de Google.

Le NIST (National Institute of Standards and Technology) a déjà standardisé plusieurs algorithmes résistants au quantique, comme CRYSTALS-Kyber pour le chiffrement. Il a aussi retenu CRYSTALS-Dilithium et SPHINCS+ pour les signatures, avec HQC en renfort comme solution de secours.

Ces algorithmes visent à rester sûrs même face à un attaquant équipé d’un ordinateur quantique. Ces standards servent déjà de référence pour Etats et grandes entreprises multinationales. Le calendrier d’adoption reste incertain, mais le mouvement avance et l’idée d’une transition fait son chemin.

Côté Ethereum, la sécurité quantique figure désormais dans les réflexions de long terme. Des analyses récentes évoquent la rotation régulière des clés pour limiter l’exposition historique. D’autant plus qu’en abandonnant le Proof of Work pour passer à un consensus de Proof of Stake, ETH s’est quelque peu affaibli niveau résistance quantique.

Elles recommandent aussi davantage de portefeuilles multisig pour réduire le risque lié à une seule clé. L’écosystème étudie enfin l’introduction progressive de schémas de signatures et de chiffrement post quantiques au niveau des comptes, des validateurs et des rollups.

L’objectif est clair. Il s’agit d’éviter un scénario catastrophe dans quelques années ou décennies. D’autant que des moyens existent. Mais dans le cadre de Bitcoin, toute modification du code (fork) nécessite un consensus, or cela ne s’improvise pas.

La communauté doit avant tout débattre et envisager les recours possibles, mais surtout leur impact long terme sur Bitcoin.

La menace quantique ravive logiquement les peurs autour de Bitcoin et d’Ethereum. Mais le message de Buterin est nuancé et se veut rassurant. Le risque existe, mais il est connu, étudié et déjà intégré dans les feuilles de route techniques.

L’urgence n’est pas la panique. Elle réside dans la migration méthodique vers des solutions post quantiques et dans la capacité à changer d’algorithme sans casser les systèmes existants.


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Esteban Durant
Esteban Durant

Trader en crypto-actifs depuis plusieurs années et passionné par l’univers décentralisé, je combine analyse technique, compréhension des fondamentaux et suivi macroéconomique pour naviguer efficacement sur les marchés volatils. J’ai découvert le Bitcoin en 2016, mais c’est en 2018, en pleine... Lire la suite

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