Dans le Nordeste, les pales d’éoliennes continuent parfois de tourner dans le vide. Le paradoxe est là, sous les yeux, le Brésil a multiplié les investissements dans le solaire, dans l’éolien, dans la biomasse… Mais le réseau ne suit pas. L’électricité est produite, et pourtant elle disparaît faute de débouchés. Les chiffres donnent le vertige, près d’un milliard de dollars envolés en deux ans, et dans certaines fermes, plus de la moitié de la production coupée avant même d’atteindre une prise.
Et c’est justement ce trop-plein qui attire de nouveaux venus. Pas les usines classiques ni les aciéries, mais les mineurs de cryptomonnaies, convaincus qu’il y a là un filon à exploiter. Transformer des mégawatts perdus en blocs de Bitcoin, voilà l’idée.
Un excédent qui pèse lourd
Le pays est devenu une vitrine des renouvelables. Les plaines couvertes d’éoliennes, les champs de panneaux qui s’étendent jusqu’à l’horizon, tout cela témoigne d’une réussite certaine. Mais derrière l’image, un problème bien réel, les lignes de transmission saturées, les solutions de stockage quasi inexistantes, un réseau incapable d’absorber l’excédent. Alors l’énergie s’évapore littéralement.
Pour les producteurs, c’est une plaie. Chaque arrêt forcé, ce “curtailment” technique, équivaut à des millions perdus, comme si l’investissement s’effritait dans l’air chaud du Nordeste. Pour les mineurs, au contraire, c’est l’occasion rêvée. Eux savent adapter leur consommation au rythme des électrons, quand le courant déborde, les machines chauffent à plein régime, quand la demande grimpe, ils lèvent le pied. Cette souplesse, rare dans l’industrie, en fait un partenaire inattendu pour un secteur énergétique à la recherche de solutions.
Vibe shift:
Bitcoin mining described by Reuters as preventing wasted renewable energy and helping grow the clean energy economy.
Apart from calling it crypto-mining (It's not, it's bitcoin mining), @Reuters got their facts pretty much bang on.
"Crypto mining companies are… pic.twitter.com/Wb0L8gdxMA
— Daniel Batten (@DSBatten) September 30, 2025
Des projets à grande échelle
Renova Energia a annoncé la couleur, un projet de 200 millions de dollars pour déployer une ferme de minage de 100 MW, alimentée directement par ses parcs éoliens dans l’État de Bahia. Une initiative qui marque l’entrée du Brésil dans la cour des grands du minage. Tether, de son côté, s’appuie sur l’acquisition d’Adecoagro et sur l’énergie issue de la canne à sucre pour alimenter ses propres installations. Même Eletrobras, le géant public, expérimente une micro-grille combinant solaire, éolien et batteries, équipée de machines ASIC pour tester le potentiel du secteur.
Et ce n’est qu’un début. Plus d’une demi-douzaine de projets sont en discussion, dont un de 400 MW. Des acteurs venus du Kazakhstan, du Paraguay et de Chine explorent déjà le terrain. Les grands groupes comme Casa dos Ventos, Engie Brasil et Auren Energia étudient également ce modèle, séduits par la promesse de rentabiliser leurs excédents. L’idée n’est plus marginale, c’est une piste sérieuse pour réinventer l’équilibre énergétique du pays.
Entre promesse et incertitudes
Sur le papier, tout le monde y gagne. Les producteurs trouvent un client flexible qui absorbe l’électricité perdue. Les mineurs bénéficient d’un coût réduit et peuvent vanter un minage “propre”. Le Brésil, enfin, pourrait se hisser au rang de hub mondial, comme le Texas l’a fait aux États-Unis. Mais la réalité est plus nuancée.
Le cadre réglementaire reste incomplet, le pays a adopté une loi crypto et un dispositif de supervision, mais le minage n’est toujours pas spécifiquement encadré. La question fiscale, les impacts environnementaux et les arbitrages en cas de sécheresse posent problème. Car si l’énergie excédentaire est disponible aujourd’hui, rien ne dit qu’elle le restera demain. L’équilibre fragile entre industrie, population et minage pourrait vite créer des tensions.
En clair, le Brésil avance sur une ligne de crête. La promesse est immense, transformer des térawatts perdus en richesse numérique.
Le Brésil à la croisée des chemins
Le pays se retrouve face à une équation inédite. Soit, il parvient à convertir son excès d’énergie verte en un moteur pour l’économie crypto, et devient un modèle pour d’autres nations. Soit, il se heurte aux mêmes obstacles que d’autres avant lui, du Kazakhstan au Paraguay. Pour l’instant, le laboratoire brésilien intrigue, attire et divise. La suite, forcément, sera mouvementée.
Pepenode, un minage pas comme les autres
Pendant que des géants de l’énergie s’installent au Brésil avec leurs mégawatts bien réels, un autre projet s’amuse à détourner le concept. Pepenode se présente comme un memecoin “Mine-to-Earn”, mais inutile de chercher des fermes éoliennes ou des câbles haute tension derrière, ici, tout se passe dans un univers virtuel où l’on achète des nœuds memes, on améliore ses installations et on récolte des jetons comme si l’on minait vraiment.
Ce jeu de rôle crypto brouille volontairement les frontières entre le sérieux du mining industriel et la légèreté des memes. On construit sa “salle de serveurs” façon cartoon, on upgrade ses machines imaginaires, et pourtant, les récompenses finissent bien dans le wallet. En clair, c’est une sorte de miroir déformant du minage classique, une version gamifiée qui transforme l’effort énergétique en mécanique communautaire.
Découvrir PepenodeLes crypto-actifs représentent un investissement risqué.
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