Le blanchiment d’argent via les cryptomonnaies ne cesse d’évoluer. Longtemps concentré autour des plateformes d’échange centralisées, ce phénomène adopte aujourd’hui des circuits bien plus discrets et complexes.
D’après un rapport récent de Chainalysis, les réseaux de blanchiment s’éloignent progressivement des exchanges traditionnels pour privilégier des structures informelles, notamment opérées via des canaux en langue chinoise. Cette mutation redessine en profondeur le paysage du crime financier on-chain.
Le recul des plateformes centralisées dans le blanchiment crypto
Pendant plusieurs années, les plateformes d’échange centralisées ont constitué un point de passage privilégié pour les fonds illicites. Elles offraient liquidité, rapidité et facilité de conversion entre cryptomonnaies et monnaies fiduciaires. Néanmoins, cette situation a radicalement changé. Sous la pression des régulateurs et des autorités financières, ces plateformes ont considérablement renforcé leurs contrôles.
In the next preview chapter of our 2026 Crypto Crime Report, we examine how Chinese-language money laundering networks processed $16.1 billion in illicit crypto funds in 2025 (about $44 million per day across 1,799+ active wallets).
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— Chainalysis (@chainalysis) January 27, 2026
Les procédures de vérification des clients, la surveillance accrue des transactions et la capacité à geler des fonds suspects ont rendu les exchanges beaucoup moins attractifs pour les blanchisseurs. Selon Chainalysis, cette capacité à bloquer les actifs explique en grande partie la baisse de l’utilisation des plateformes centralisées dans les opérations de blanchiment.
Sur les cinq dernières années, l’utilisation de ces plateformes pour recycler des fonds illicites a reculé de manière continue. Les criminels recherchent désormais des alternatives moins exposées, où la surveillance est plus faible et les risques d’intervention immédiate réduits.
L’essor des réseaux informels en langue chinoise
Face à ce durcissement, des réseaux de blanchiment opérant en langue chinoise ont pris une place dominante. Apparues dès le début de la pandémie de Covid-19 en 2020, ces structures informelles proposent aujourd’hui de véritables services de « blanchiment à la demande ».
Elles s’appuient sur des mules financières, des comptoirs de gré à gré non officiels et des plateformes de jeux d’argent servant à mélanger et convertir les cryptomonnaies.
Chainalysis estime que ces réseaux ont traité environ 20 % des flux de cryptomonnaies illicites identifiés au cours des cinq dernières années.
Leur croissance est spectaculaire car depuis 2020, les flux entrants vers ces réseaux ont augmenté plus de 7 000 fois plus rapidement que ceux dirigés vers les plateformes d’échange centralisées.
En 2025, l’écosystème global du blanchiment on-chain aurait traité plus de 82 milliards de dollars, contre seulement 10 milliards en 2020.
De ce fait, les réseaux en langue chinoise seraient responsables d’environ 16 milliards de dollars, soit près de 44 millions de dollars par jour. En effet, cette explosion s’explique par l’accessibilité croissante des cryptomonnaies et par l’adaptation rapide des réseaux criminels aux nouvelles contraintes réglementaires.
Un défi croissant pour les autorités
Cette transformation pose un défi majeur aux forces de l’ordre. Les experts soulignent un fossé grandissant entre les capacités technologiques des criminels et celles des autorités.
Finalement, si les outils d’analyse blockchain progressent, ils restent insuffisants sans un effort global de formation et de coopération internationale. Ainsi, pour Chainalysis, seule une montée en compétence coordonnée permettra de freiner un écosystème de blanchiment crypto en pleine expansion.
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