Arthur Hayes ne s’en cache pas. Pour lui, Monad n’est pas « le prochain Solana », mais un candidat sérieux au mur des projets qui finissent à -99%. Dans une interview avec Altcoin Daily, l’ex patron de BitMEX a rangé le tout nouveau layer 1 dans une catégorie qu’il connaît par cœur : celle des tokens taillés pour les VCs, pas pour le retail.

D’ailleurs, il en profite au passage pour remettre sa grille de lecture sur le cycle en avant. Selon lui, le prochain vrai bull market viendra de la planche à billets, pas des innovations techniques de chaînes comme Monad.

Monad, archétype du « high FDV, low float »

Le cœur de la critique est simple. Hayes décrit MON comme un « high FDV, low float VC coin ». Autrement dit, une valorisation totalement diluée déjà stratosphérique, mais seulement une petite fraction des tokens en circulation au début. Dans ce genre de configuration, le scénario classique est connu. Au lancement, la faible liquidité flottante suffit pour créer un joli pump.

Ensuite, quelques jours ou semaines plus tard, une fois les premiers déblocages et ventes d’insiders, la courbe se retourne violemment. Hayes estime que ce schéma peut, à terme, envoyer Monad jusqu’à -99% par rapport à ses niveaux initiaux.

Par ailleurs, Monad a levé 225 millions de dollars auprès de Paradigm avant de lancer son réseau principal et de distribuer le token MON via un airdrop. Au moment où il commente, MON est encore en hausse d’environ 40% depuis son lancement, selon CoinMarketCap. Pour Hayes, c’est précisément ce genre de démarrage flatteur qui attire le public, alors que le risque réel se situe dans la structure même du token, pas dans le premier graphique en H1.

Il ajoute que la plupart des nouveaux layer 1 finiront oubliés. Dans la liste des survivants probables, il cite Bitcoin, Ethereum, Solana et Zcash, et pas grand monde de plus. Le message est clair : à ses yeux, Monad ressemble davantage à un trade de cycle qu’à une infrastructure appelée à durer.

Un discours ultra bullish… mais pas pour tout le monde

Il considère que les gouvernements, surtout les États Unis, n’auront pas d’autre choix que de relancer la machine à liquidités pour financer promesses politiques, ralentissement économique et déséquilibres budgétaires. Dans ce genre d’environnement, les actifs risqués ont tendance à se réévaluer brutalement.

Pour lui, le marché n’en est qu’à « la fin du début ». Tout ce que l’on vit depuis le dernier ATH ne serait qu’un préambule avant le vrai excès de liquidité. Son biais reste donc massivement haussier sur Bitcoin et quelques grosses positions, malgré les chocs récents.

La fin du mythe du cycle de 4 ans

Hayes en profite aussi pour s’attaquer à un des dogmes préférés des bitcoiners : le cycle de quatre ans rythmé par les halvings. Il estime que cette vision est trop simpliste, presque rétro.

Selon lui, les grands booms crypto ont surtout été pilotés par l’expansion du crédit mondial, menée par les États Unis et la Chine. Quand la liquidité abonde, Bitcoin réagit le premier. Quand elle disparaît, il corrige avant le reste. Il va jusqu’à qualifier Bitcoin de « dernier détecteur de fumée libre » du système financier global.

Dans cette logique, l’important n’est pas de compter les blocs entre deux halvings, mais de suivre les flux de liquidité, les politiques budgétaires et monétaires, et la vitesse à laquelle le capital cherche des refuges alternatifs. Monad, dans cette grille, n’est qu’un produit secondaire de l’appétit spéculatif, pas un acteur structurant.

Zcash, la privacy et le narratif d’après

L’autre point clé de son intervention concerne le thème qu’il voit monter pour le prochain cycle : la confidentialité. Hayes pense que les technologies de privacy, notamment basées sur les preuves à divulgation nulle de connaissance et les privacy coins, vont revenir au centre du jeu.

Il anticipe un regain d’intérêt pour les solutions qui protègent réellement les flux financiers des utilisateurs, à mesure que la surveillance on chain, la régulation et l’IA rendent l’anonymat de plus en plus difficile. Il voit les institutions se stabiliser surtout sur Ethereum pour les usages tokenisés et les stablecoins, mais imagine un espace à part pour les actifs tournés vers la confidentialité.

Ce n’est pas théorique pour lui. Il a révélé que Zcash est devenu la deuxième plus grosse position de son family office Maelstrom, juste derrière Bitcoin. Autrement dit, pendant qu’il explique pourquoi Monad pourrait finir en « bear chain » à -99%, il place ses jetons sur un duo Bitcoin + privacy, avec Solana et quelques autres en deuxième ligne.


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Martin Pelletier
Martin Pelletier
Journaliste Expert en Web3

Journaliste et analyste spécialisé dans les crypto-monnaies et la blockchain, Martin Pelletier explore les dynamiques du Web3 et des nouvelles technologies financières depuis 2019. Fort d’une expérience dans la finance traditionnelle, il s’est tourné vers le monde des actifs numériques... Lire la suite

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