Dans l’ombre des écrans, Pyongyang a trouvé son nouvel or noir. Des milliards de dollars envolés en quelques clics, des fausses identités disséminées dans les bureaux tech occidentaux et au bout de la chaîne un programme nucléaire que rien ne semble pouvoir freiner.

Le rapport confidentiel du Multilateral Sanctions Monitoring Team révélé par l’Associated Press le 22 octobre 2025 dresse un tableau aussi glaçant que précis. La Corée du Nord a transformé la cryptomonnaie en machine à financer ses bombes.

Des milliards volés sous le nez des exchanges

Tout commence avec les attaques. Des plateformes d’échange de crypto parfois géantes sont pénétrées par des groupes liés au renseignement nord-coréen. Bybit a été la dernière victime en date, délestée de 1,5 milliard de dollars en Ethereum selon le FBI. Les fonds disparaissent dans des labyrinthes d’adresses et de portefeuilles anonymes avant de réapparaître blanchis sur d’autres réseaux.

Les analystes qui ont vu le rapport parlent d’une ingénierie financière invisible. Une structure où chaque opération sert un but, contourner les sanctions internationales. L’argent ne dort pas sur des wallets, il circule, alimente des importations militaires, paie la recherche et le développement d’armes balistiques, finance les ingénieurs du régime.

Et pourtant, la Corée du Nord reste un petit pays isolé, presque sans accès à Internet. C’est ce qui rend le phénomène si troublant. Malgré l’isolement, Pyongyang figure désormais parmi les puissances cyber les plus avancées du monde, aux côtés de la Chine et de la Russie.

Quand les hackers deviennent salariés modèles

Les vols ne suffisent plus. Le régime s’est inventé un autre canal, des milliers de faux employés IT qui travaillent pour de vraies entreprises. Derrière des profils LinkedIn parfaits, ces développeurs soi-disant indépendants cumulent parfois plusieurs postes à distance.

Leurs salaires partent discrètement vers Pyongyang, convertis en crypto puis en devises réelles par des circuits opaques. Les enquêteurs américains estiment que des centaines d’entreprises occidentales ont sans le savoir payé ces travailleurs fictifs. Certaines d’entre elles leur avaient même confié des accès sensibles à leurs serveurs internes.

En clair, la Corée du Nord ne se contente plus de piller les exchanges, elle infiltre directement les entreprises. L’économie numérique devient son terrain d’action, un laboratoire d’expérimentation où chaque ligne de code peut rapporter gros.

Une cyber-économie tournée vers la bombe

Tout converge vers le même objectif, l’arme nucléaire. Le rapport de 138 pages indique que ces opérations ont servi à financer le développement d’ogives et de missiles à longue portée. Les hackers de Pyongyang ne sont plus seulement des voleurs, ils sont devenus des acteurs du programme militaire national.

Leur sophistication rivalise aujourd’hui avec celle des unités russes ou chinoises, mais leur motivation diffère. Ils ne cherchent pas à espionner, ils cherchent à payer. À payer les métaux, les composants, la technologie interdite qui fait tourner les laboratoires d’État.

Aidé par des relais discrets en Russie et en Chine, le régime a réussi à tisser une toile de flux numériques presque intraçables. Des millions de dollars passent d’un réseau à l’autre avant d’être recyclés dans l’économie réelle. Chaque attaque crypto devient une expérimentation financière, chaque emploi fictif une source de revenus stable.

Rien n’est figé, mais tout s’accélère

Cette économie parallèle montre à quel point la crypto reste un outil à double tranchant. D’un côté, elle libère, décentralise, permet d’échapper aux banques. De l’autre, elle sert d’arme financière à des régimes entiers. C’est dans ce flou que des solutions plus transparentes commencent à s’imposer.

Des portefeuilles comme Best Wallet… Qui permettent de contrôler ses fonds sans dépendre de structures opaques, cherchent à réconcilier sécurité et autonomie. Mais la bataille est loin d’être gagnée. Chaque mesure de protection engendre une contre-attaque, chaque innovation attire de nouveaux risques.

Pour Pyongyang, la cyberguerre est devenue une ligne budgétaire. Pour le monde, un nouvel équilibre à trouver. Et si la prochaine grande crise géopolitique naissait non pas d’un missile, mais d’un simple wallet compromis. La suite dira le reste.

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Les crypto-actifs représentent un investissement risqué.


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Esteban Durant
Esteban Durant

Trader en crypto-actifs depuis plusieurs années et passionné par l’univers décentralisé, je combine analyse technique, compréhension des fondamentaux et suivi macroéconomique pour naviguer efficacement sur les marchés volatils. J’ai découvert le Bitcoin en 2016, mais c’est en 2018, en pleine... Lire la suite

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