L’argument qui revient de plus en plus souvent dans les desks n’est plus « Solana va tuer Ethereum », mais « Solana est le seul L1 qui donne aujourd’hui deux façons de gagner ». D’un côté, le marché des stablecoins et de la tokenisation est en train de s’étendre très vite. De l’autre, Solana prend une part croissante de ce marché-là en particulier.

Une thèse à deux moteurs

L’idée est directe : même si la tokenisation de titres, de dépôts ou de collatéraux ne faisait « que » x10 dans les prochaines années, Solana gagnerait déjà parce qu’elle est positionnée dessus. Mais si en plus Solana grignote la part de marché de ceux qui émettent aujourd’hui sur Ethereum ou sur Tron, l’effet devient exponentiel.

C’est ce que Hougan résume par « two ways to win », en rappelant que très peu de blockchains combinent vitesse, finalité rapide et UX assez simple pour que des acteurs non crypto y déploient leurs flux.

Ce qui rend cette thèse crédible, c’est que Solana ne vend plus seulement la promesse DeFi ou NFT. En effet, elle vend un rail de paiement et d’actifs tokenisés qui tourne déjà, avec des frais bas et un écosystème rapide. Les acteurs qui arrivent en 2026 ne cherchent pas l’écosystème le plus « vieux », ils cherchent celui qui traite le plus de transactions au moindre coût.

Un marché encore dominé par Ethereum

Il faut garder la réalité en tête. Ethereum reste très loin devant avec plus de 163 milliards$ de stablecoins, contre environ 14,9 milliards$ pour Solana, et un TVL qui dépasse 85 milliards$ là où Solana tourne plutôt autour de 11,3 milliards$. Le leader reste le leader.

Mais ces chiffres disent aussi autre chose : dès qu’un nouvel usage stablecoin ou RWA apparaît, il n’a plus besoin d’aller sur Ethereum par défaut. Les réseaux à finalité rapide comme Solana ou même Tron prennent les flux du bas de marché parce qu’ils sont plus simples à intégrer dans des applis de paiement.

Quand ce mouvement se répète quelques trimestres de suite, on se retrouve avec un L1 qui, parti de plus bas, affiche les meilleures croissances relatives.

C’est ce que pointe Hougan quand il dit que le marché sous-estime la vitesse à laquelle ces rails vont réécrire les marchés existants. D’ailleurs, cette dynamique rappelle les récentes analyses sur la tokenisation d’actifs réels qui connaît une ascension spectaculaire portée par l’appétit institutionnel.

Pourquoi Solana attire enfin les institutionnels

Ce qui a vraiment changé en octobre, c’est la présence de noms qui annoncent vouloir faire du stablecoin sur Solana. Quand Western Union choisit Solana pour son futur dollar numérique, il envoie le signal que la vitesse et le coût sont plus importants que l’historique du réseau. Ça parle directement aux investisseurs qui, jusqu’ici, ne voyaient dans Solana qu’un réseau de traders et de memecoins.

Du point de vue d’un allocataire, c’est exactement le bon combo : un actif encore « jeune », donc sous-représenté dans les mandats, mais qui commence à être utilisé par des entreprises du monde réel.

Si le marché des stablecoins et de la tokenisation fait x10 comme l’annoncent certains gérants, et que Solana passe de 15 milliards$ de stablecoins à, disons, 60 milliards$ dans ce même mouvement, nous obtenons une blockchain qui a à la fois profité de la croissance du marché et de la hausse de sa part de marché.

C’est le même raisonnement que pour Bitcoin sur le marché de la réserve de valeur. Par ailleurs, l’arrivée des ETF Solana avec staking renforce considérablement cette attractivité institutionnelle, offrant une source de rendement additionnel aux investisseurs traditionnels.

Un pari positivement asymétrique

Il ne faut pas tordre les chiffres : Solana n’est pas encore à la place d’Ethereum. Elle n’a pas le même TVL, pas le même nombre de devs, pas la même profondeur de produits.

Mais elle a quelque chose que le marché aime dans les phases de reprise : une pente de croissance plus raide, un narratif lisible (« le réseau de Wall Street pour les stablecoins »), et un lien de plus en plus clair avec les produits d’investissement traditionnels, y compris des produits de staking.

Tant que ces trois éléments restent alignés, l’actif devient un candidat naturel à la surperformance. Si, en revanche, Ethereum se remet à absorber tout le flux RWA, ou si les régulateurs US forcent à passer par des réseaux plus anciens, Solana perdra une partie de cette avance. La force de la thèse actuelle, c’est qu’elle n’a pas besoin qu’Ethereum s’effondre pour marcher.

Elle a seulement besoin que le marché des stablecoins grossisse vite, et que Solana continue de prendre sa part. Et cette approche stratégique se reflète dans la manière dont Solana attire désormais l’or et le dollar tokenisés via des solutions omnichain qui unifient les liquidités entre plusieurs blockchains.


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Martin Pelletier
Martin Pelletier
Journaliste Expert en Web3

Journaliste et analyste spécialisé dans les crypto-monnaies et la blockchain, Martin Pelletier explore les dynamiques du Web3 et des nouvelles technologies financières depuis 2019. Fort d’une expérience dans la finance traditionnelle, il s’est tourné vers le monde des actifs numériques... Lire la suite

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