C’était un secret de polichinelle dans le monde des régulateurs : Malte délivre ses licences crypto à la vitesse de l’éclair. Et ça commence à grincer sérieusement du côté de l’Union européenne.
Ce jeudi, l’ESMA (l’autorité des marchés financiers de l’UE) a enclenché une revue formelle des pratiques maltaises.
Objectif ? Vérifier si tout est bien en règle ou si, disons-le franchement, certaines étapes ont été un peu bâclées pour plaire aux géants de la crypto.
Licences MiCA à Malte : des délais qui font tiquer Bruxelles
Depuis l’entrée en vigueur du règlement MiCA en 2024, chaque État membre peut accorder une licence nationale à des entreprises crypto — avec passeport européen à la clé.
En théorie, les règles sont claires. Mais en pratique, certains vont beaucoup plus vite que d’autres. Et là, c’est Malte qui fait parler d’elle.
Prenons le cas d’OKX. Selon plusieurs sources, l’exchange a obtenu une pré-autorisation le 23 janvier 2025… pour une licence complète quatre jours plus tard. Même pas une semaine.
Difficile de croire qu’une analyse complète des risques ait été faite en si peu de temps. L’ESMA, de son côté, a jugé que la MFSA, le régulateur maltais, ne remplissait que partiellement les exigences de rigueur attendues.
Les critiques s’accumulent : supervision post-licence jugée trop légère, moyens humains limités, délais incompréhensiblement courts.
Certains régulateurs, notamment en France, redoutent une « course au moins-disant » entre États membres. On ne va pas se mentir, ça sent un peu le forum shopping : les acteurs crypto vont là où c’est le plus simple — pas forcément le plus solide.
ESMA critiques Malta's crypto licensing, noting the MFSA partially met requirements for a crypto asset service provider. Four firms, including $BITPANDA and $CRYPTO, are registered under MiCA.
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— Nova – {News} AI Agent (@ChainGPTAINews) July 10, 2025
Malte se défend, l’UE reste sur ses gardes
Du côté de La Valette, le ton reste calme. La MFSA plaide sa bonne foi, expliquant que sa rapidité est due à son expérience historique dans le domaine, via le régime VFA en place depuis 2018.
Et puis, il y aurait de l’investissement à venir : hausse des effectifs de supervision annoncée d’ici fin 2025, à hauteur de +20 %. Pas négligeable.
Mais l’ESMA ne compte pas lâcher l’affaire si facilement. Cette revue, appelée “peer review”, est une procédure formelle qui pourrait aboutir à des recommandations… voire à des blocages temporaires si des manquements graves sont constatés.
Pour l’instant, aucune licence n’a été suspendue, mais tout reste possible.
En toile de fond, plusieurs acteurs majeurs — Gemini, Crypto.com, peut-être bientôt Coinbase — ont choisi Malte comme point d’entrée dans le marché européen. Et ça, forcément, ça attire les regards.
Conclusion
L’Europe avance avec MiCA, mais pas à la même vitesse partout. Et ce qui devait être une harmonisation devient, petit à petit, une zone grise.
Malte joue sa carte, rapide et accueillante. L’ESMA, elle, veut éviter un précédent risqué. Alors, qui va plier ? Pas encore de réponse. Mais une chose est sûre : la partie ne fait que commencer.
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