Hier soir, Scott Bessent, le nouveau secrétaire au Trésor américain, fait une interview pour Bloomberg. Lors de l’interview, il aborde un sujet houleux, la tension du marché obligataire. L’évocation d’un QE à peine déguisé sous-entend le pouvoir du Trésor d’intervenir sur les obligations. Les “buyback d’obligations off-the-run”, un mécanisme magique qui ressemble au pouvoir de la FED, rarement utilisé, pourrait ravir le marché et provoquer un rebond inattendu.
Les buybacks, un QE officieux pour sauver le marché obligataire
Lors de l’interview, Scott Bessent affirme qu’il possède une vraie boite à outil afin de stabiliser les marchés financiers.
BESSENT: I have repeatedly said the Fed has two duties, and I believe that monetary policy is a jewel box; it's got to be preserved. And then they have regulatory policies. And I think we can have more of a discussion because the Fed is one among three bank regulators, and… pic.twitter.com/mI0MuX210e
— Ron Pragides (@mrp) April 15, 2025
Faisant spécifiquement référence au buy-back d’obligations dites “off-the-run”
Qu’est-ce que les obligations dites off-the-run ?
Rapidement, les obligations dont il est question dans les déclarations de Scott Bessent sont datées, moins liquides et surtout personne n’en veut. Ces obligations n’ont pas de réelle valeur pour une entité souhaitant entrer sur le marché obligataire, d’où leur nom, “hors course”.
Les obligations nouvellement émises sont elles, « on-the-run », car elles sont au devant de la scène et s’arrachent.
La stratégie évoquée par Scott Bessent
Derrière le rachat des obligations off-the-run, vient l’émission de toutes nouvelles obligations dites on-the-run. Ainsi, le Trésor peut injecter de la liquidité, sans émettre de nouvelles dettes. En émettant ces nouveaux titres de même valeur que les anciens, le montant de la dette encourue est le même.
En revanche, l’argent circule, tous frais, dans le marché obligataire. Cette pression de nouveaux acheteurs vient faire baisser le rendement des obligations. Le mécanisme de valorisation des obligations d’états est le suivant : le rendement d’une obligation baisse si son prix augmente. Et inversement, si la majorité vend ses obligations, son rendement explose.
Derrière la volonté de faire baisser le rendement des obligations en achetant massivement, l’idée est de pouvoir emprunter à moindre coût. Le rendement étant plus faible, les investisseurs se détournent de l’intérêt pour les obligations. De ce fait, les actifs risqués et l’économie en profitent, au contraire de la sécurité des obligations.
Fracture politique, un game-changer pour le marché
Ce mécanisme relativement rare se déclenche qu’en cas de fracture politique. En effet, depuis le début de ce siècle, le Trésor ne l’a utilisé que deux fois.
La scission entre la FED et le gouvernement de Trump prendrait une tournure sévère si le Trésor s’affranchit de la FED pour intervenir.
Jerome Powell refuse d’intervenir tant qu’il n’y a pas de crise majeure. Bessent se dit prêt à colmater les brèches via l’action directe du Trésor.
Une bataille politique néfaste, mais extrêmement profitable pour les marchés. Les buybacks pourraient libérer une quantité inattendue de capitaux. Dans un contexte dans lequel la libération de nouveaux capitaux via l’injection de liquidité atterrit souvent sur les actifs risqués, c’est peut-être le nouveau catalyseur que le Bitcoin attendait.
Bitcoin : rebond durable enfin en vue ?
Alors que tout le marché attend qu’une seule chose, les fameuses baisses de taux promises, Scott Bessent vienne donner un nouvel espoir. Si la FED ne baisse pas les taux prochainement ou inverse comme annoncé son QE, il faudra trouver autre chose pour stimuler le marché.
Le domino des taux obligataires sous hormones, les investisseurs rassurés ainsi que l’afflux vers les actifs risqués viendra booster le Bitcoin.
En conséquence des tariffs, le Bitcoin chute violemment et se relève à l’annonce de la pause de ceux-ci. Cependant, c’est encore trop léger et trop tôt pour relancer un rallye.
Bitcoin est généralement corrélé aux augmentations de la liquidité en circulation.
Les scénarios que répètent beaucoup d’analystes qui visent les 150 000 dollars deviendraient quasiment une évidence. Rien ne garantit que Scott Bessent passera à l’action, mais il faudra bien, tôt ou tard, que l’un des deux acteurs de la liquidité intervienne.
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